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Et si le vrai problème n’était pas votre mental… mais votre façon de jouer avec lui ?

Writer: pierreyvesdenieau
pierreyvesdenieau
Aug 31
6 min read

Préparation mentale au tennis : pourquoi vouloir contrôler ses émotions peut parfois aggraver les chosesVous êtes mené 4-2.


Vous venez de faire une double faute. Votre adversaire vous regarde, vous savez que vous venez de lui donner un point important.

Dans votre tête, les pensées arrivent :

« Il faut que je me calme. »« Je ne dois plus faire de faute. »« Il faut absolument que je gagne ce jeu. »« Si je perds ce set, ça va être compliqué. »

Vous essayez de vous concentrer.

Vous essayez de vous calmer.

Vous essayez de retrouver votre tennis.

Et pourtant… vous jouez de moins en moins bien.

Et si le problème était justement là ?

Et si, au lieu d'essayer de contrôler ce qui se passe dans votre tête, il fallait apprendre à jouer avec ?


Au tennis, vous ne contrôlez pas tout

C'est probablement l'une des premières choses à accepter lorsqu'on travaille la préparation mentale.

Vous ne contrôlez pas votre adversaire.

Vous ne contrôlez pas toujours la qualité de votre première balle.

Vous ne contrôlez pas les conditions météo.

Vous ne contrôlez pas les décisions de l'arbitre.

Et vous ne contrôlez pas toujours vos émotions.

Vous pouvez avoir confiance à 10h et douter complètement à 15h.

Vous pouvez être très calme pendant un set et exploser après une faute trois jeux plus tard.

C'est normal.

Le problème n'est donc pas forcément de ressentir du stress, de la frustration ou de la peur.

Le problème apparaît lorsque ces émotions commencent à décider de votre comportement sur le court.


« Ne fais pas de faute » est rarement une bonne stratégie

Imaginez que vous soyez à 30-30.

Votre entraîneur vous a demandé de jouer avec davantage de sécurité.

Vous engagez l'échange et une pensée apparaît :

« Surtout, ne rate pas. »

Que se passe-t-il ?

Votre attention se porte sur l'erreur que vous voulez éviter.

Votre geste devient plus contrôlé.

Vous hésitez davantage.

Vous jouez peut-être moins relâché.

Et paradoxalement, vous augmentez vos chances de faire exactement ce que vous vouliez éviter.

C'est l'un des pièges classiques du tennis.

À force de vouloir ne pas perdre le point, on oublie parfois comment on veut le jouer.

La préparation mentale peut justement aider à passer de :

« Je ne dois pas rater »

à :

« Quelle intention est-ce que je veux avoir sur ce point ? »

La différence paraît minime.

Elle peut pourtant changer complètement votre manière d'aborder l'échange.


Le score raconte une histoire… mais ce n'est qu'une histoire

5-2.

40-15.

Balle de match.

Ces situations ont une particularité : elles déclenchent souvent une histoire dans notre tête.

« Je suis presque en train de gagner. »

« Je ne dois surtout pas perdre maintenant. »

« Si je rate cette balle, je vais m'en vouloir. »

Le score devient alors beaucoup plus qu'un simple indicateur.

Il devient une projection vers ce qui pourrait arriver.

Et c'est là que le joueur quitte progressivement le moment présent.

Il ne joue plus seulement la balle qui arrive.

Il joue déjà la conséquence de cette balle.

Pourtant, le score ne joue pas à votre place.

À 5-2 comme à 2-5, une seule chose reste réellement sous votre responsabilité :

la manière dont vous abordez le prochain point.

Cela ne signifie pas qu'il faut ignorer le score.

Cela signifie qu'il faut éviter de lui donner le pouvoir de décider de votre comportement.


Le moment le plus important n'est peut-être pas le point

On parle énormément du point au tennis.

Le coup droit.

Le revers.

Le service.

Le retour.

La tactique.

Mais il existe un autre moment particulièrement intéressant :

les quelques secondes qui séparent deux points.

Vous venez de perdre un échange de 20 frappes.

Vous êtes frustré.

Vous retournez vers votre chaise.

Vous pensez à la balle que vous venez de rater.

Puis vous revenez.

Votre adversaire est prêt.

Et vous servez.

Entre les deux points, vous aviez pourtant une possibilité.

Créer une rupture.

Respirer.

Accepter.

Regarder devant vous.

Revenir à votre plan.

Puis recommencer.

Cette période très courte peut devenir une véritable routine mentale.


Une routine mentale n'est pas une formule magique

On entend parfois parler de routines comme s'il suffisait de faire trois respirations et de répéter une phrase positive pour devenir plus fort mentalement.

Ce n'est évidemment pas aussi simple.

Une routine efficace doit surtout avoir un objectif :

vous permettre de revenir dans le présent.

Elle peut être très simple.

Par exemple :

  1. Accepter le point précédent.

  2. Respirer et faire redescendre la tension.

  3. Regarder où vous en êtes tactiquement.

  4. Choisir une intention.

  5. Jouer.

Ce n'est pas spectaculaire.

Mais le mental au tennis n'a pas besoin d'être spectaculaire.

Il doit être utile.


Et si vous arrêtiez de chercher à être « fort mentalement » ?

L'expression « être fort mentalement » peut être trompeuse.

Elle laisse imaginer qu'un joueur mentalement fort ne doute jamais.

Qu'il ne s'énerve jamais.

Qu'il ne stresse jamais.

Qu'il garde toujours confiance.

Ce n'est pas la réalité.

Un joueur peut être très solide mentalement et ressentir énormément de pression.

La différence se situe plutôt dans sa capacité à revenir à ce qui est important.

Il rate une balle facile ?

Il revient.

Il perd un jeu après avoir mené 40-0 ?

Il revient.

Son adversaire revient au score ?

Il revient.

Il commence à douter ?

Il revient.

La force mentale n'est peut-être pas l'absence de perturbations.

C'est la capacité à revenir après avoir été perturbé.

Et cette compétence peut se travailler.


La préparation mentale doit sortir de la tête

C'est là que je trouve le travail mental particulièrement intéressant au tennis.

Parce qu'il ne sert à rien de connaître dix techniques de relaxation si, au moment où vous êtes mené 5-4 dans le troisième set, vous ne savez plus quoi faire.

La question devient alors très concrète :

Que faites-vous lorsque le match ne ressemble plus à ce que vous aviez imaginé ?

Que faites-vous après trois fautes directes ?

Que faites-vous lorsque votre adversaire change complètement de stratégie ?

Que faites-vous lorsque vous perdez votre service ?

Que faites-vous lorsque vous sentez la peur de gagner ?

C'est précisément dans ces situations que la préparation mentale prend tout son sens.

Elle ne consiste pas uniquement à parler de mental.

Elle consiste à apprendre à agir différemment sur le terrain.


Un exercice simple pour votre prochain match

Lors de votre prochain match, essayez quelque chose de très simple.

Après chaque point, ne cherchez pas immédiatement à analyser ce qui vient de se passer.

Posez-vous simplement cette question :

« Qu'est-ce qui est important maintenant ? »

Pas :

« Pourquoi j'ai raté ? »

Pas :

« Comment je peux gagner ce match ? »

Pas :

« Et si je perds ? »

Mais :

« Qu'est-ce qui est important maintenant ? »

Cela peut être :

  • jouer plus haut au-dessus du filet ;

  • mettre davantage de longueur ;

  • prendre la balle tôt ;

  • servir sur le revers ;

  • avancer dans le court ;

  • remettre une balle de plus ;

  • ou simplement retrouver du calme.

Une seule intention.

Puis le point suivant.


Vous n'avez pas besoin d'un mental parfait

C'est peut-être la chose la plus importante à retenir.

Vous n'avez pas besoin de devenir un joueur qui ne ressent plus de pression.

Vous n'avez pas besoin de ne jamais douter.

Vous n'avez pas besoin de contrôler toutes vos pensées.

Vous avez surtout besoin d'apprendre à ne pas laisser chacune de vos pensées décider de votre manière de jouer.

Parce qu'au fond, la préparation mentale au tennis ne consiste pas à avoir un cerveau silencieux.

Elle consiste à savoir quoi faire même lorsque le cerveau fait du bruit.

Et c'est souvent lorsque le match devient difficile que le véritable travail commence.


🎾 La préparation mentale se travaille sur le terrain

Si vous avez l'impression que votre niveau à l'entraînement ne correspond pas à celui que vous montrez en match, que vos émotions prennent trop de place ou que vous avez du mal à gérer les moments importants, le travail mental peut vous aider à mieux comprendre ce qui se passe réellement dans votre jeu.

L'objectif n'est pas de vous transformer en joueur « parfait ».

Il s'agit de construire des outils adaptés à votre façon de jouer, vos difficultés et vos situations de match.

**Parce que le mental ne se travaille pas uniquement dans la tête.

Il se travaille aussi sur le terrain.**

 
 
 

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